Mesure, rapport et vérification de la restauration forestière

3.1 Mesure, rapport et vérification (MRV)

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Le cadre SUPERB MRV-BES établit des relevés de référence et de peuplement de référence sur plusieurs indicateurs de biodiversité et de services écosystémiques (par exemple, la diversité de la végétation, le carbone du sol, l'ADN environnemental, la bioacoustique, le LiDAR), applique des normes rigoureuses d'AQ/CQ et de données ouvertes (Darwin-Core, INSPIRE) et utilise des outils de reporting transparents comme la Recovery Wheel pour communiquer les progrès réalisés par rapport aux objectifs MRV alignés au niveau international pour la gestion adaptative de la restauration.

La mesure, la notification et la vérification (MRV) constituent une approche structurée conçue pour suivre les progrès, garantir la reddition de comptes et évaluer les impacts des interventions. Elle constitue également la base de reporting du programme ONU-REDD+. Plus récemment, alors que les gouvernements et les gestionnaires cherchent à prendre en compte les bénéfices de la conservation des forêts au-delà du carbone stockable en forêt, les caractéristiques pertinentes pour la notification MRV se sont élargies pour inclure de multiples indicateurs de biodiversité et de services écosystémiques (BES). Dans le cadre de la restauration forestière, les cadres MRV aident les parties prenantes à déterminer si les activités planifiées produisent des bénéfices écologiques mesurables au fil du temps, à évaluer les résultats par rapport aux conditions de référence et à identifier les ajustements de gestion nécessaires. Une MRV efficace commence par la collecte de données de référence, réalisée avant le début de toute activité de restauration. Les relevés de référence établissent les conditions initiales des écosystèmes de référence dégradés, restaurés et entièrement restaurés, fournissant des points de référence essentiels pour évaluer les améliorations écologiques attribuables aux actions de restauration.


Dans le système MRV-BES du projet SUPERB, le processus de travail est systématique. Des objectifs écologiques clairs sont convenus, garantissant qu'ils sont explicites, mesurables, atteignables et temporels. Ensuite, un ensemble ciblé d'indicateurs écologiques performants et pratiques a été sélectionné, englobant généralement la diversité végétale, le carbone du sol et les communautés microbiennes, l'ADN environnemental (ADNe), la surveillance bioacoustique et les méthodes de télédétection comme le LiDAR et l'imagerie multispectrale. Afin de détecter avec précision les changements écologiques résultant de la restauration, le projet a établi un cadre de suivi pour des peuplements de différents âges ou stades de restauration afin de définir la trajectoire du modèle de référence. À l'instar des relevés de référence, le suivi à partir de peuplements de référence permet d'optimiser l'efficacité de l'échantillonnage pour les futurs projets de restauration, garantissant une puissance statistique suffisante pour détecter les progrès tout en évitant les coûts excessifs. La collecte de données combine des relevés professionnels avec des approches de science citoyenne, des capteurs abordables et des images satellites en accès libre (par exemple, Copernicus). Des outils open source basés sur des scripts sont également mis à disposition pour quantifier l'incertitude et comparer les résultats à des repères établis (modèles contrefactuels et de conditions de référence). Les données collectées dans le cadre du projet SUPERB ont été soumises à des procédures rigoureuses d'assurance et de contrôle qualité et ont été stockées dans une base de données centralisée respectant des normes telles que Darwin-Core et INSPIRE, avec des identifiants persistants et des licences Creative Commons pour faciliter la transparence et la réutilisation des données.

3.2.1 Rapports et communication

Le reporting et la communication sont au cœur du MRV-BES. Les résultats sont synthétisés et visualisés à l'aide d'outils accessibles, notamment la « Roue de la récupération » de la Society for Ecological Restoration, qui permet aux acteurs tels que les propriétaires fonciers, les décideurs politiques, les investisseurs et les communautés locales d'interpréter intuitivement les progrès écologiques. Ces visualisations favorisent une gestion adaptative, permettant une intervention rapide lorsque les indicateurs écologiques s'écartent des trajectoires anticipées.
Conformément aux directives internationales telles que celles établies par REDD+ et l'Accord de Paris (normes internationales MRV), l'approche MRV-BES met l'accent sur la transparence et la responsabilité. Ce processus MRV structuré évalue systématiquement l'intégrité écologique, la qualité des habitats et la résilience des écosystèmes, transformant ainsi des objectifs ambitieux de restauration en résultats concrets en matière de biodiversité et de services écosystémiques.