De nombreuses forêts européennes, qu'elles soient dominées par les conifères, les feuillus ou des essences mixtes, présentent souvent une structure simple. Les arbres y sont généralement d'âge et de taille similaires, et le bois mort y est peu abondant. Bien que ces forêts puissent être productives, elles offrent moins d'habitats à la faune sauvage, sont moins résistantes aux tempêtes, aux ravageurs ou à la sécheresse, et présentent un intérêt visuel moindre pour les loisirs. Accroître la diversité structurale en augmentant la variété des essences, des âges, des tailles et des structures de canopée est essentiel pour rendre les forêts plus riches sur le plan écologique, plus résilientes et plus agréables à vivre.
Les forêts à structure diversifiée offrent une grande variété d'habitats à la biodiversité forestière. Les arbres morts sur pied, les troncs tombés, les vieux arbres creux, l'écorce détachée et les branches en décomposition abritent oiseaux, chauves-souris, insectes, champignons et autres organismes. La diversité des hauteurs d'arbres et des strates de la canopée crée des microclimats favorables à différentes espèces. Ces avantages sont visibles aussi bien au sein des peuplements individuels qu'à l'échelle du paysage, où une mosaïque de types et de structures forestières renforce la connectivité écologique et la résilience globale de l'écosystème.
L’amélioration de la diversité structurale peut commencer dans les nouvelles forêts ou dans les peuplements uniformes existants. Dans les zones non boisées, l’utilisation d’un mélange d’essences indigènes et adaptées au climat constitue une première étape efficace. Planter en petits groupes ou selon des schémas irréguliers plutôt qu’en rangées rectilignes d’une seule espèce favorise une structure d’aspect naturel et des variations de luminosité et de microclimat. Là où la régénération naturelle a lieu, la plantation d’essences supplémentaires peut accroître la diversité structurale et la résilience au fil du temps.
Dans les peuplements homogènes existants, plusieurs approches permettent d'accroître progressivement la complexité structurale. La conservation des arbres anciens ou à valeur écologique et le maintien ou la création de bois mort sur pied et couché (voir également la section 2.4 Bois mort, vétéranisation) procurent des bénéfices immédiats pour l'habitat. La création de petites trouées dans la canopée ou d'ouvertures irrégulières permet à la lumière d'atteindre le sol forestier, favorisant la régénération naturelle et la croissance du sous-bois. L'enrichissement par la plantation sous la canopée existante ou le soutien à la régénération naturelle contribuent à accroître la diversité des espèces et la variété structurale. La création intentionnelle de bois mort, par exemple par la coupe ou même l'endommagement contrôlé d'arbres sélectionnés, ajoute des microhabitats bénéfiques à de nombreuses espèces.
Au fil du temps, ces pratiques contribuent à transformer des forêts simples et uniformes en écosystèmes dynamiques et résilients. Les forêts à structure diversifiée abritent une biodiversité plus riche, se remettent mieux des perturbations et offrent des espaces de loisirs plus attrayants et agréables. En adoptant une approche planifiée pour améliorer la structure de leurs forêts, les propriétaires fonciers et les gestionnaires forestiers peuvent accroître leur valeur écologique et sociale pour les générations futures.
Ce document présente un aperçu des pratiques de restauration et une base de données de ressources variées destinées aux professionnels de la restauration forestière en Europe. Il compile des guides techniques, des manuels et des articles et revues scientifiques fournissant des orientations sur des pratiques de restauration spécifiques.
Les incendies peuvent être perçus comme une menace pour les forêts, mais ils constituent également une perturbation naturelle de nombreux écosystèmes forestiers, car ils façonnent leur structure et offrent des conditions essentielles aux espèces associées. Grâce à plus d'un siècle de lutte contre les incendies en Fennoscandie boréale, les incendies sont désormais utilisés dans les forêts boréales comme une mesure de restauration importante.
Le feu est une perturbation naturelle dans la forêt boréale. Aujourd'hui, la maîtrise des feux de forêt menace de nombreuses espèces dépendantes des forêts brûlées. Pour améliorer leurs conditions de vie, on peut recourir à des brûlages dirigés. Cependant, cette technique n'est pas applicable partout. On privilégie donc souvent des mesures imitant le feu, afin de reproduire certains effets d'un incendie naturel, comme la formation de bois mort en général et, en particulier, de ce qu'on appelle le « Kelo », c'est-à-dire du bois de pin mort très dur et résistant, des peuplements clairsemés dominés par les pins ou par les feuillus.
Dans les forêts urbaines et les forêts récréatives, les plantations en lignes droites créent un paysage « industriel » qui manque de naturel et nuit au contact avec la nature. Une solution simple consiste à planter en lignes courbes, en regroupant différentes espèces et arbustes : les variations de mortalité et de croissance permettront à la parcelle de se transformer en une forêt d’apparence naturelle.