Un crédit de biodiversité représente une unité mesurable de résultat positif pour la biodiversité, pouvant être commercialisée (Wauchope et al., 2024). Ces crédits peuvent être obtenus par des actions concrètes de restauration (« amélioration de la biodiversité ») et/ou de conservation de la biodiversité menacée (« prévention des pertes de biodiversité »), par rapport à un scénario de référence prédéfini (Ducros et Steele, 2022 ; Pollination, 2023). Les défenseurs de la biodiversité entrevoient un fort potentiel de mobilisation des financements privés pour la conservation (Nature Finance, 2023 ; The Biodiversity Consultancy, 2022). Les crédits de biodiversité permettent de transformer les actions positives pour la nature en un actif mesurable, valorisable et échangeable. Ils permettent aux acquéreurs de crédits de revendiquer les bénéfices, de comparer différents efforts à l’aide d’une unité commune (commensurabilité), et de partager ces bénéfices entre projets (divisibilité), de les acheter et de les vendre sur un marché (négociabilité), ou de les conserver pour une utilisation future (stockage).
Porté par une prise de conscience internationale accrue face aux pertes de biodiversité rapides et difficiles à enrayer, l'intérêt pour les crédits de biodiversité s'est renforcé. Cet intérêt s'inspire des concepts antérieurs et de la croissance des modèles de conservation volontaires (MCV) et des solutions fondées sur la nature (SFN), plusieurs des mêmes promoteurs de projets étant toujours actifs. Diverses initiatives économiques et politiques (par exemple, le Groupe consultatif international franco-britannique sur les crédits de biodiversité ; l'Initiative sur les crédits de biodiversité du Forum économique mondial ; l'Alliance pour les crédits de biodiversité) étudient le développement d'un marché des crédits, et les premières transactions ont déjà eu lieu.
Construction Recherches exceptionnelles sur les crédits de biodiversité, résumées par Wunder et al. (2025) Nous avons examiné la théorie du changement sous-jacente, le marché émergent et les caractéristiques de conception en développement des crédits de biodiversité. Ces crédits sont confrontés à de nombreux défis similaires à ceux des crédits carbone, notamment en termes de viabilité financière et de mise en œuvre effective. Toutefois, la commensurabilité et la négociabilité de la biodiversité multidimensionnelle représentent un défi bien plus complexe que pour le carbone, qui dispose d'une monnaie mondiale unifiée pour les GES (équivalents CO2).
Concernant l’état d’avancement le plus récent (septembre 2023), 41 % des dispositifs examinés étaient déjà opérationnels (dont 9 % à titre de projets pilotes), la plupart à petite échelle ; les autres étaient encore en cours d’élaboration. La majorité des expériences portent sur la biodiversité, soit dans les écosystèmes terrestres (56 %), soit dans les écosystèmes marins (15 %) ; 23 % concernent plusieurs écosystèmes. Les crédits sont répartis de manière assez équitable entre les actions visant à éviter les pertes et/ou à maintenir la biodiversité (23 %) et celles visant à améliorer la biodiversité (18 %), alors que la plupart des dispositifs combinent en réalité les deux objectifs. L’horizon temporel des projets ayant généré ces crédits se situe principalement entre 10 et 20 ans, voire plus.
Les opportunités naissent des évolutions macroéconomiques et réglementaires, des innovations technologiques et financières et de l'expérience professionnelle croissante. Cependant, le manque persistant d'opportunités d'investissement hautement rentables et la multitude de risques auxquels sont confrontés les investisseurs constituent des obstacles persistants à la croissance.
Les entreprises sont motivées par des facteurs multidimensionnels, dont les motivations économiques incluent souvent la gestion opérationnelle et la rentabilité. Les cadres réglementaires motivent l'engagement des entreprises par le respect de la législation, tout en posant des défis en raison de l'incertitude réglementaire et de l'incohérence des politiques.
Les crédits biodiversité émergent pour la finance pro-environnementale. Nous explorons leur impact, l'offre et la demande, leur regroupement et leurs garanties, en passant en revue 34 projets pilotes et les enseignements tirés des compensations et des crédits carbone. Les défis incluent l'additionnalité, la permanence, les fuites et la commercialisation de la biodiversité. Des bases de référence, des normes et une gouvernance solides sont nécessaires pour garantir la qualité et éviter les erreurs du passé.
Les objectifs mondiaux de restauration des écosystèmes progressent lentement, freinés par des déficits de financement. Si les fonds publics dominent, le développement du financement privé est crucial, mais limité par le manque d'investissements rentables. Les mécanismes de marché, comme les marchés volontaires de compensation carbone et de biodiversité, attirent les fonds privés, mais risquent de ne pas correspondre aux objectifs sociaux et écologiques. Une gouvernance et une supervision solides sont essentielles pour garantir des résultats positifs.