Les activités de restauration visent souvent à favoriser les processus naturels de rétablissement des écosystèmes. Cependant, il est important de reconnaître que le rétablissement au sens strict n'est pas toujours possible. Suite à des perturbations majeures, les écosystèmes peuvent suivre différentes voies de réorganisation, passant à des états entièrement nouveaux, dont la structure, la fonction ou la composition spécifique diffèrent des conditions historiques. Dans certains cas, les écosystèmes peuvent même subir des changements de régime, rendant le rétablissement d'un écosystème forestier impossible.
Dans ce contexte, le rétablissement ne doit pas être considéré comme un retour à un état antérieur fixe, mais plutôt comme la capacité d'un écosystème forestier à perdurer, c'est-à-dire à tolérer les stress environnementaux, les perturbations et les interactions compétitives tout en maintenant ses fonctions essentielles. Dans certaines situations, faciliter la transition vers un nouvel écosystème forestier plus résilient peut s'avérer plus judicieux que de tenter de restaurer les conditions historiques. Cette approche peut réduire la vulnérabilité aux perturbations futures et soutenir la stabilité à long terme des fonctions et services écosystémiques.
Les processus de rétablissement varient considérablement selon les écosystèmes, en fonction de facteurs tels que l'intensité des perturbations, les conditions préalables, les caractéristiques des espèces et le climat local. Lorsque les conditions le permettent, la régénération naturelle doit être soutenue, car elle contribue à la conservation de la biodiversité locale, réduit les coûts et exploite la capacité d'auto-organisation des écosystèmes. Cependant, dans les zones où la régénération naturelle est limitée ou susceptible d'entraîner des conséquences indésirables, des interventions actives deviennent nécessaires.
Une stratégie clé pour favoriser le rétablissement consiste à sélectionner des espèces d'arbres et des sources de semences appropriées, bien adaptées aux conditions environnementales actuelles et futures. L'utilisation de provenances résilientes au climat peut augmenter les chances de réussite de l'implantation et accélérer le rétablissement. De plus, le choix entre semis et plantation doit être guidé par les caractéristiques spécifiques de chaque espèce et les possibilités de préparation du site, chaque méthode offrant des avantages distincts selon le contexte.
Pour favoriser le rétablissement, il est essentiel de lutter contre les menaces telles que la prédation des graines et l'herbivorie, qui peuvent toutes deux retarder ou entraver la réussite de la restauration. L'installation de clôtures peut s'avérer nécessaire pour protéger les jeunes plants. Des techniques telles que l'utilisation d'arbres et d'arbustes nourriciers peuvent également faciliter le rétablissement en offrant une protection physique aux individus en régénération et en créant des microclimats favorables. Dans le cadre d'efforts de restauration à grande échelle, la promotion des populations d'espèces disséminatrices de graines peut favoriser la distribution naturelle des graines, réduisant ainsi le recours aux plantations artificielles et les coûts.
La planification de la restauration doit également tenir compte des perturbations futures, notamment celles amplifiées par le changement climatique. Ce dernier peut ralentir ou accélérer le rétablissement selon son interaction avec les dynamiques écologiques locales. Par conséquent, les plans de restauration doivent anticiper ces dynamiques, anticiper les risques et les opportunités, et inclure des mesures visant à protéger les systèmes vulnérables ou à tirer parti des conditions favorables.
Le rapport final du projet Integrate, publié par le Bureau Europe centrale de l'Institut européen des forêts, présente des recherches sur l'intégration de la conservation de la biodiversité à la gestion forestière. Il analyse les impacts de la foresterie, les compromis et la multifonctionnalité des forêts, offrant ainsi des éclairages scientifiques et pratiques transfrontaliers pour éclairer les politiques et les décisions pratiques en Europe centrale.
Dans les zones rurales, l'augmentation des précipitations saisonnières peut provoquer des inondations menaçant les communautés, le tourisme et les entreprises locales. Les méthodes d'ingénierie lourdes comme les barrages, les réservoirs, les canaux et les digues sont coûteuses et nuisent aux habitats, à la biodiversité, à la qualité de l'eau et à la fertilité des sols, tout en réduisant la valeur paysagère. En revanche, la gestion naturelle des crues offre une alternative économique et naturelle qui réduit les risques d'inondation tout en bénéficiant aux écosystèmes et aux communautés locales.