Forêt de Białowieza. Crédit photo : Mariusz Cieszewski/Adobe Stock
Cet article propose une analyse multidisciplinaire et exhaustive du conflit intense qui entoure le massif forestier de Białowieża (Pologne/Biélorussie), l'un des derniers vestiges de forêt primaire en Europe. Il examine l'opposition entre la conservation de la biodiversité (privilégiant les processus naturels tels que les infestations de scolytes) et la gestion durable des forêts (privilégiant des interventions actives comme les coupes sanitaires), et conclut que les preuves scientifiques à elles seules ne peuvent résoudre ce différend, car il est profondément ancré dans des visions du monde, des valeurs et des réalités politiques divergentes.
L'étude porte sur la « controverse de la forêt de Białowieża », un différend très médiatisé opposant le gouvernement polonais, les forestiers, les écologistes et l'Union européenne. Au cœur du conflit se trouvait la réponse à apporter à une infestation massive de scolytes de l'épicéa : tandis que les forestiers préconisaient une gestion active (abattage des arbres infestés pour préserver le bois et la sécurité publique), les défenseurs de l'environnement plaidaient pour une restauration passive, laissant les processus naturels de perturbation façonner l'écosystème forestier.
À l’aide d’une évaluation systématique, les auteurs montrent que le conflit est alimenté non seulement par des désaccords écologiques, mais aussi par :
L'article souligne que la forêt constitue un « laboratoire naturel » pour l'observation des processus naturels (comme la dynamique du bois mort) et insiste sur la nécessité d'un système de zonage distinguant les zones de conservation intégrale des zones aménagées. Il appelle en définitive à un processus de gestion des conflits qui dépasse la simple collecte de faits pour aborder les dimensions sociales et politiques profondes du différend.