Au-delà de la gestion : le proboisement enrichit la diversité des microhabitats liés aux arbres

Mais les types de forêts déterminent leur composition à travers les forêts méditerranéennes et alpines.

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23 avril 2026
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microhabitats des arbres

Une nouvelle étude publiée dans Forest Ecology and Management souligne comment le proforestation – la protection à long terme des forêts existantes avec une intervention humaine minimale – peut considérablement améliorer les structures forestières liées à la biodiversité. Les chercheurs ont comparé des forêts gérées activement à des peuplements abandonnés depuis plus de 20 et 60 ans dans des forêts méditerranéennes, des hêtraies de montagne et des forêts de conifères alpines. L'étude s'est concentrée sur les microhabitats liés aux arbres (MLA), tels que les cavités, les pertes d'écorce, les branches mortes et les galeries d'insectes, qui constituent un habitat essentiel pour les oiseaux, les insectes, les champignons et d'autres organismes. Les résultats ont montré que l'abandon forestier à long terme augmentait généralement la richesse et l'abondance des MLA, en particulier dans les forêts de montagne. Cependant, les réponses variaient fortement selon les types de forêts, reflétant le climat local, la topographie et l'historique de gestion. Ces résultats démontrent que laisser les forêts vieillir naturellement augmente non seulement la disponibilité des habitats, mais remodèle également la complexité écologique au fil du temps, renforçant ainsi la valeur du proforestation comme solution fondée sur la nature pour la conservation de la biodiversité et la résilience des écosystèmes forestiers.

Les forêts sont bien plus que de simples amas d'arbres : ce sont des systèmes vivants façonnés par le temps, les perturbations et les innombrables microhabitats qui abritent la biodiversité. Une nouvelle étude intitulée « Au-delà de la gestion : le proboisement enrichit la diversité des microhabitats liés aux arbres, mais les types de forêts déterminent leur composition dans les forêts méditerranéennes et alpines » met en lumière comment le fait de laisser les forêts croître naturellement sur de longues périodes peut considérablement accroître leur complexité écologique.
Cette recherche a exploré les effets du proforestation – pratique consistant à laisser les forêts existantes croître naturellement avec une exploitation forestière minimale, voire nulle, et une intervention humaine limitée – sur trois catégories de forêts contrastées, allant des chênaies méditerranéennes aux forêts de conifères alpines et aux hêtraies de montagne. En comparant des peuplements gérés activement à des forêts abandonnées depuis plus de 20 ans et plus de 60 ans, l'étude a examiné comment le temps écoulé depuis l'abandon influence le développement des microhabitats liés aux arbres (TreMs).
Les TreMs (éléments de complexité structurale des forêts) comprennent des structures petites mais essentielles à l'écologie, telles que les cavités, les fissures, les pertes d'écorce, les branches mortes, les mycorhizes et les galeries d'insectes. Ces structures offrent un habitat, un abri et des ressources alimentaires à une grande variété d'organismes, notamment les oiseaux, les chauves-souris, les insectes, les champignons et les plantes. En tant qu'indicateurs de la complexité structurale des forêts, les TreMs sont de plus en plus utilisés pour le suivi de la biodiversité et la planification de la conservation des forêts en Europe.
Les résultats de l'étude ont révélé une tendance claire : dans la plupart des types de forêts, des périodes plus longues sans gestion ont favorisé une plus grande richesse et abondance de microhabitats liés au vieillissement et à la décomposition naturelle. Les effets les plus marqués ont été observés dans les forêts de conifères alpines et les hêtraies de montagne, où les peuplements non gérés ont accumulé davantage de bois mort et ont permis une plus grande diversité de microhabitats liés au vieillissement et à la décomposition naturelle.
L’étude a toutefois démontré qu’il n’existe pas de trajectoire universelle de régénération forestière. Les forêts méditerranéennes thermophiles caducifoliées (forêts situées dans des climats méditerranéens relativement chauds et dominées par des arbres qui perdent leurs feuilles de façon saisonnière) ont montré une réaction moins marquée à l’abandon, ce qui suggère que les processus de vieillissement structurel sont plus lents dans ces écosystèmes. Les chercheurs avancent que les forêts méditerranéennes dominées par le chêne pourraient nécessiter des délais beaucoup plus longs – potentiellement plus de 90 ans sans gestion – avant que les caractéristiques des forêts anciennes ne se manifestent pleinement.
Surtout, cette recherche ne s'est pas contentée de recenser les microhabitats. Elle a également étudié l'évolution de leur composition au fil du temps. Les résultats ont montré que le reboisement n'augmente pas seulement le nombre de microhabitats, mais remodèle progressivement l'ensemble des structures écologiques présentes au sein d'une forêt. Les peuplements abandonnés depuis longtemps abritent de plus en plus de microhabitats associés à la décomposition, à la sénescence (processus de vieillissement biologique progressif d'un organisme ou de ses tissus) et au bois mort sur pied, tandis que certains microhabitats liés aux activités forestières se raréfient.
Parallèlement, les réponses variaient fortement selon les conditions locales, l'histoire de la forêt, la topographie et la composition des essences. Certains effets de la gestion forestière (TreMs), comme les galeries d'insectes et l'aubier exposé, augmentaient principalement là où s'accumulaient les arbres morts sur pied, tandis que d'autres étaient davantage influencés par les perturbations sylvicoles ou les caractéristiques du terrain. Ceci souligne l'importance de comprendre la dynamique forestière dans son contexte écologique plutôt que d'appliquer des hypothèses de gestion uniformes.
Cette étude présente des implications importantes pour la planification forestière axée sur la biodiversité. Alors que l'Europe recherche des solutions efficaces fondées sur la nature pour atténuer le changement climatique et restaurer les écosystèmes, le reboisement apparaît comme une stratégie précieuse, non seulement pour le stockage du carbone, mais aussi pour améliorer la diversité des habitats et l'intégrité écologique. L'intégration de peuplements non gérés de longue date dans les paysages forestiers peut contribuer à créer les conditions structurelles nécessaires à de nombreuses espèces spécialisées qui dépendent des caractéristiques des forêts anciennes.
En définitive, cette recherche confirme un message simple mais essentiel : lorsque l’on laisse le temps aux forêts d’évoluer, elles développent une complexité que la gestion seule peine à reproduire. Protéger les forêts existantes et laisser les processus naturels se déployer pourrait donc jouer un rôle central dans la sauvegarde de la biodiversité des écosystèmes méditerranéens et alpins.

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Source/Auteur(s)
  • Guido Marcoz
  • Antonio Tomao
  • Doroteja Bitunjac
  • Francesco Boscutti
  • Claire Duvaltier
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Sujet
  • Gestion forestière intégrative
  • Restauration passive des forêts
Les intervenants
  • Propriétaires fonciers et praticiens
Interet
  • Processus naturels et préservation des écosystèmes
  • Habitats spécifiques (bois mort, microhabitats, types d'habitats,...)
  • Diversité structurelle