Crédit photo : Louisa Bouri-Saouter
Les crédits biodiversité émergent pour la finance pro-environnementale. Nous explorons leur impact, l'offre et la demande, leur regroupement et leurs garanties, en passant en revue 34 projets pilotes et les enseignements tirés des compensations et des crédits carbone. Les défis incluent l'additionnalité, la permanence, les fuites et la commercialisation de la biodiversité. Des bases de référence, des normes et une gouvernance solides sont nécessaires pour garantir la qualité et éviter les erreurs du passé.
La gestion intégrée des forêts est un concept fondamental pour la fourniture durable des services écosystémiques demandés et la promotion simultanée de la biodiversité dans nos forêts. Les crédits de biodiversité constituent un instrument émergent de financement pro-environnemental. Nous définissons et délimitons ici les crédits de biodiversité, explorons leurs mécanismes d'impact, discutons de l'offre et de la demande futures potentielles, des options de regroupement et de cumul, ainsi que des garanties sociales nécessaires. Nous analysons les premiers résultats de 34 projets pilotes et tirons des enseignements d'autres incitations de marché pour la conservation et l'atténuation du changement climatique, notamment la compensation de la biodiversité et les crédits carbone forestiers. Ces derniers ont attiré d'importants flux de financements privés, mais leur additionnalité, leur pérennité et les risques de fuites ont été remis en question. Toutes ces problématiques s'appliquent aux crédits de biodiversité, auxquelles s'ajoute un autre défi : rendre la biodiversité commensurable. Si les nouvelles technologies de suivi peuvent contribuer à quantifier la biodiversité, des compromis existent entre des indicateurs simples permettant des marchés liquides et des indicateurs plus coûteux représentant plus fidèlement la biodiversité. Pour éviter les erreurs du passé, la conception, la mise en œuvre et l'évaluation d'impact des crédits de biodiversité nécessitent des référentiels, des normes et une gouvernance plus robustes. Les crédits de qualité seront plus chers que ceux qui font des compromis sur l'intégrité, ce qui pourrait freiner l'essor attendu des crédits pour la biodiversité.