Citoyens sur un site Marteloscope en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Crédit photo : EFI
Cet article examine comment des personnes issues de différents milieux professionnels (forestiers, écologistes, étudiants) prennent des décisions concernant le choix des arbres à récolter ou à conserver, en conciliant objectifs économiques et conservation de la biodiversité. Il montre que la sélection des arbres n'est pas purement rationnelle ni objective : les décisions reposent fortement sur l'expérience, l'intuition et les habitudes professionnelles, façonnées par le contexte institutionnel et le vécu personnel. Les résultats soulignent la difficulté d'intégrer des pratiques respectueuses de la biodiversité dans la sylviculture de production.
Cet article analyse les processus décisionnels mis en œuvre lors d'exercices Marteloscope, où les participants doivent concilier les objectifs de production de bois et les valeurs de biodiversité, telles que la préservation des arbres et microhabitats. À l'aide d'une approche de recherche qualitative ancrée dans la pratique, les auteurs observent comment les forestiers, les écologistes et les étudiants évaluent les arbres et négocient des compromis en fonction de différentes contraintes.
Plutôt que de considérer les choix comme purement rationnels ou fondés sur des règles, l'étude montre que les décisions résultent d'une combinaison de formation professionnelle, d'expérience personnelle, d'attentes institutionnelles et de réactions émotionnelles. Les forestiers professionnels privilégient souvent les indicateurs axés sur la production, tandis que les défenseurs de l'environnement mettent l'accent sur les microhabitats et la diversité structurale. Les décisions des étudiants varient selon leur parcours.
Les résultats montrent que la mise en œuvre d'une foresterie respectueuse de la biodiversité n'est pas seulement une question technique ou écologique, mais aussi sociale. Les cultures institutionnelles, les habitudes et les valeurs professionnelles influencent considérablement les résultats. L'article conclut que l'intégration significative de la conservation dans les forêts de production exige la prise en compte de ces dimensions sociales.