Financer la restauration des écosystèmes

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06 mai 2024
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Image reproduite d'après Löfqvist et al. (2023) ; icônes par macrovector et tartila/Freepik.com

Les objectifs mondiaux de restauration des écosystèmes progressent lentement, freinés par des déficits de financement. Si les fonds publics dominent, le développement du financement privé est crucial, mais limité par le manque d'investissements rentables. Les mécanismes de marché, comme les marchés volontaires de compensation carbone et de biodiversité, attirent les fonds privés, mais risquent de ne pas correspondre aux objectifs sociaux et écologiques. Une gouvernance et une supervision solides sont essentielles pour garantir des résultats positifs.

La communauté internationale a défini des objectifs ambitieux de restauration des écosystèmes. Cependant, leur mise en œuvre est lente et le manque de financement constitue un obstacle majeur à l'intensification des activités de restauration. La plupart des projets de restauration sont financés par des institutions publiques et de récentes initiatives de haut niveau ont souligné la nécessité d'accroître la participation du secteur privé à la restauration. Si le financement privé peut être canalisé vers la restauration par divers mécanismes financiers, il est freiné par le manque d'opportunités d'investissement rentables. Diverses institutions ont été créées pour valoriser les services écosystémiques auparavant non marchands et les rendre investissables, notamment les marchés volontaires du carbone et les mécanismes de compensation de la biodiversité, tels que les systèmes de compensation de la biodiversité visant à atteindre l'objectif de « zéro perte nette » de biodiversité pour un secteur réglementé donné. Toutefois, attirer des financements privés dans la restauration comporte des risques, car les objectifs de ces financements sont souvent en décalage avec les objectifs sociaux et écologiques plus larges. À ce jour, les mécanismes de financement privé ont eu tendance à sous-investir dans les mécanismes de suivi et d'évaluation d'impact et à privilégier les investissements dans des solutions fondées sur la nature et rentables, telles que les monocultures de plantation, au détriment des écosystèmes régénérés naturellement. De nombreuses solutions technologiques et institutionnelles ont été proposées, mais elles ne permettent pas d'atténuer tous les risques. Par conséquent, le déploiement à grande échelle de la restauration des écosystèmes par le biais de mécanismes de marché exige des investissements fondamentaux substantiels dans la gouvernance et le contrôle de la société civile afin de garantir la préservation de l'intégrité écologique et de l'équité sociale. Nous présentons ici le cadre politique général qui encadre le financement de la restauration et explorons les rôles et le potentiel des investissements publics et privés dans ce domaine. Nous expliquons le fonctionnement concret de certains mécanismes courants visant à attirer les investissements privés dans la restauration. Enfin, nous analysons certaines lacunes des initiatives de financement privé passées en matière de restauration des écosystèmes et soulignons les enseignements essentiels à tirer pour garantir les retombées écologiques et sociales des investissements privés dans ce domaine.

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Source/Auteur(s)
  • Sophus zu Ermgassen
  • Sara Löfqvist
Sujet
  • Économique et financier
Les intervenants
  • Bailleurs de fonds et investisseurs
  • Acteurs politiques