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Ce court rapport présente une approche simple de l’analyse de la cohérence des politiques entre les domaines politiques et les niveaux politiques.
Partout en Europe, les acteurs politiques, les gestionnaires de la restauration forestière et les autres parties prenantes sont confrontés au défi de garantir la cohérence des politiques et de trouver des compromis pour répondre aux demandes concurrentes de biens et services écosystémiques forestiers. Cette tâche est rendue plus complexe et complexe par un avenir incertain, ainsi que par la crise actuelle de la biodiversité, le changement climatique et les bouleversements socio-économiques. Pour relever ces défis, il est urgent d'identifier et de mettre en œuvre un éventail de réponses politiques et de gestion permettant d'anticiper et de préparer l'avenir. Par conséquent, assurer la cohérence des politiques et intégrer les diverses demandes sociétales dans une approche équilibrée de la gestion forestière, bénéfique aux générations actuelles et futures, demeure un objectif crucial pour la restauration des écosystèmes forestiers en Europe.
L'intégration et la cohérence des politiques peuvent être définies comme un « processus de coordination de diverses politiques visant à créer de multiples complémentarités et synergies » (Briassoulis, 2004, p. 13). Des objectifs politiques cohérents peuvent être atteints simultanément sans compromis majeurs. À l'inverse, des objectifs politiques incohérents présentent des contradictions importantes, empêchant leur réalisation simultanée et conduisant ainsi à une fragmentation des politiques, voire à un échec de leur intégration. Des instruments et des pratiques de gestion cohérents œuvrent de concert à la réalisation d'un objectif politique, tandis que des instruments et des pratiques incohérents s'opposent et sont contre-productifs, par exemple en offrant simultanément des incitations et des freins à l'atteinte des objectifs politiques déclarés.
Une intégration intersectorielle cohérente s'observe lorsque les enjeux, les objectifs et les instruments sont intégrés et coordonnés entre le secteur forestier et les autres secteurs d'utilisation des terres liés à la forêt, tels que l'agriculture, le développement rural, la conservation de la biodiversité, la protection du climat et les énergies renouvelables. L'intégration intrasectorielle s'applique au sein même du secteur forestier. L'intégration et la cohérence des politiques forestières consistent à intégrer et à coordonner les pratiques de gestion forestière, y compris la restauration des forêts, au sein du secteur forestier lui-même, ainsi qu'entre les différentes pratiques de gestion forestière et d'utilisation des terres à différentes échelles locales (par exemple, arbres individuels, peuplements forestiers, paysages forestiers, régions d'aménagement du territoire).
L'intégration verticale des politiques forestières et les pratiques de gestion intégrée des forêts renvoient aux enjeux d'intégration et de coordination cohérentes à différentes échelles spatiales, notamment aux niveaux international, européen, national, infranational et local. C'est au niveau des pratiques régionales et locales que les décideurs politiques, les responsables des politiques publiques, les propriétaires fonciers, les gestionnaires forestiers, les industries forestières, les groupes environnementaux et les autres parties prenantes doivent mettre en œuvre des paradigmes politiques intégrés et concrétiser les décisions politiques. La complexité de cette tâche tient non seulement au fait que la gestion durable des forêts constitue un « problème complexe », caractérisé par des enjeux importants et une variété de revendications sociétales concernant les différents usages des terres forestières, mais aussi aux paradoxes, incohérences et contradictions inhérentes à l'élaboration des politiques forestières.