Un arbre mort dans une hêtraie. Crédit photo : EFI
Cet article présente une synthèse internationale de données portant sur plus de 110 000 arbres afin d’identifier les facteurs clés – à l’échelle de l’arbre, du peuplement et du site – qui déterminent la présence de microhabitats liés aux arbres (MLA). Il révèle que si l’espèce, le diamètre à hauteur de poitrine (DHP) et le statut (arbre vivant ou mort sur pied) influencent l’occurrence des MLA, l’explication repose en grande partie sur le « contexte de la parcelle » (conditions environnementales locales, historique de gestion, contexte biotique), qui demeure une notion complexe et encore mal comprise. L’article propose un ensemble de 21 facteurs d’influence potentiels et les restreint à un sous-ensemble de variables prioritaires dont l’enregistrement est nécessaire pour améliorer la prédiction et, par conséquent, éclairer la gestion forestière en faveur de la biodiversité.
Les microhabitats liés aux arbres (MLA) sont reconnus comme des éléments clés pour les taxons forestiers et sont souvent utilisés comme mesures de conservation de la biodiversité dans le cadre d'une gestion forestière intégrée. Cependant, assurer un approvisionnement continu en ressources pour ces taxons représente un défi, car les MLA sont des structures à disponibilité limitée, dont certaines sont déclenchées par des événements stochastiques ou nécessitent un long temps de développement. À l'échelle de l'arbre, le rôle de l'espèce, du diamètre à hauteur de poitrine (DHP) et du statut (arbre vivant ou mort sur pied) dans la présence de MLA a été quantifié et modélisé dans plusieurs études, ces caractéristiques étant systématiquement relevées sur le terrain. Néanmoins, la présence de MLA demeure difficile à prédire, ce qui freine l'élaboration de stratégies de gestion applicables qui les prennent en compte. À partir d'une base de données internationale regroupant 110 000 arbres, nous avons quantifié le pouvoir explicatif de l'espèce, du DHP, du statut, du temps écoulé depuis la dernière récolte et du contexte de la parcelle pour prédire la présence de MLA à l'échelle de l'arbre. Le contexte de la parcelle reste à ce jour une « boîte noire » qui combine les conditions environnementales locales, les pratiques de gestion passées et présentes, ainsi que les caractéristiques biotiques locales, autant de facteurs explicatifs importants pour la prédiction de l'apparition des TreM. À partir de la littérature, nous avons établi un ensemble de 21 facteurs liés au site, au peuplement et à l'arbre, pour lesquels il existe une forte hypothèse qu'ils jouent un rôle clé dans la formation des TreM. Enfin, nous avons identifié un sous-ensemble de neuf caractéristiques à enregistrer ultérieurement afin d'obtenir des informations complémentaires permettant une meilleure prédiction de l'apparition de certains TreM : (i) à l'échelle de la parcelle : pente, exposition, altitude et présence de falaises ; et (ii) à l'échelle de l'arbre : caractéristiques de l'écorce, phyllotaxie et capacité de compartimentation de l'espèce, ainsi que stade ontogénique et état physiologique de l'arbre échantillonné.