Une comparaison entre les zones de référence basée sur les zones d'habitat existantes en 1995 [...] (voir la description complète de la figure dans la publication)
Selon les chercheurs du projet SUPERB de l'Université suédoise des sciences agricoles (SLU), une mise en œuvre ambitieuse et fondée sur des données scientifiques du règlement européen sur la restauration de la nature pourrait contribuer à une gestion forestière plus durable et moins conflictuelle. À l'inverse, une approche minimale ou restrictive risque d'entretenir l'incertitude, les controverses et la polarisation du débat forestier.
Dans un article récent intitulé «Le règlement de l'UE relatif à la restauration de la nature offre de nouvelles opportunités pour des forêts résilientes et une foresterie durable.« », publié dans la revue scientifique AmbioLes chercheurs Johan Svensson et Bengt Gunnar Jonsson (SUPERB) de l'Université suédoise des sciences agricoles (SLU), ainsi que Torbjörn Ebenhard, analysent comment le règlement pourrait être mis en œuvre dans les forêts suédoises. Le règlement européen sur la restauration de la nature exige des mesures de restauration sur au moins 20 % des surfaces terrestres et marines d'ici 2030 et oblige les États membres à fonder leurs actions sur les connaissances scientifiques les plus récentes et les plus fiables. La Suède, comme d'autres pays de l'UE, élabore actuellement son plan national de restauration.
Un point essentiel soulevé dans l'article concerne la définition des « zones de référence favorables ». Ces zones représentent la superficie minimale nécessaire pour garantir la viabilité à long terme des habitats et des espèces protégés par la directive européenne « Espèces et habitats ». Le gouvernement suédois a décidé de fonder les zones de référence forestières sur des estimations datant de 1995, année d'adhésion de la Suède à l'UE. Selon les chercheurs, cette décision s'écarte des connaissances scientifiques actuelles et risque d'accentuer les ambiguïtés et les conflits existants en matière de foresterie.
« Fixer des objectifs de restauration au strict minimum n’aidera pas la Suède à atteindre ses objectifs environnementaux ni à respecter ses engagements internationaux », déclare Johan Svensson. « Cela risque également d’alimenter les conflits entre propriétaires et exploitants forestiers, de nuire à la réputation de la Suède en tant que pays forestier et d’entraîner des critiques de la part de l’UE. »
Les chercheurs soutiennent que cette réglementation devrait plutôt être perçue comme une opportunité d'adapter la foresterie aux défis futurs. En considérant les forêts comme des paysages multifonctionnels – au lieu de se concentrer uniquement sur la production de bois ou la conservation –, la réglementation peut encourager des méthodes forestières alternatives, de nouvelles chaînes de valeur et des écosystèmes plus résilients.
Ils soulignent également que cette réglementation pourrait contribuer à établir des critères mesurables pour une foresterie respectueuse de la biodiversité, ce qui fait actuellement défaut. S'appuyant sur l'expérience historique, les auteurs insistent sur le fait que la restauration ne consiste pas à recréer le passé, mais à bâtir un avenir durable et crédible pour la foresterie.
Référence: Svensson, J., Jonsson, BG et Ebenhard, T. (2025). Le règlement de l'UE relatif à la restauration de la nature offre de nouvelles opportunités pour des forêts résilientes et une foresterie durable.. Amble. https://doi.org/10.1007/s13280-025-02309-3